VE 440 Juin-Juillet 2021 La piété populaire



En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne,
et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.
« Jésus se retira dans la montagne, Lui seul ». Il nous révèle, ainsi, que Dieu est bien présent dans la vie des hommes. Il s’intéresse à la santé, à la nourriture, à la conduite des hommes. Mais il ne veut pas prendre leur place. Il veut révéler son amour gratuit et sa volonté de bonheur pour tous, en comptant sur la foi et la disponibilité de chacun.
Avec Lui, Jésus nous invite à bien rester dans la vie. Pour Dieu notre vie, la vie de tous les hommes est importante. Mais il nous demande de la vivre en gardant au plus profond de nous-mêmes les valeurs de Dieu, celles qui ne passent pas.
A travers l’Evangile d’aujourd’hui j’en retiens trois :
Comme Jésus sachons prendre du recul, pour ne pas nous croire indispensables et pour nous remettre entre les mains de Dieu.
En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
« On n’avait même pas le temps de manger ». C’est vrai pour les Apôtres, mais c’est vrai aussi pour nous dans ce monde qui vit à 100 à l’heure. Nous passons d’une activité à l’autre, familiale, professionnelle, sociale, personnelle. Nous avons toujours quelque chose à faire et nous pensons que ces occupations font notre vie, notre personnalité. Jésus nous dit :
« Venez à l’écart…, et reposez-vous un peu. »
Oui, nous en avons besoin physiquement, mais nous avons aussi besoin, dans le calme et le silence, de nous retrouver nous-mêmes, de garder notre équilibre, de goûter la paix intérieure :
« Le Christ est notre paix ». Il refait nos forces.
« Venez à l’écart…, à plusieurs, et partagez votre vécu, comme les Apôtres avec Jésus.
Le dialogue est important pour faire le point, se réjouir des réussites, des merveilles de la vie quotidienne et redresser les échecs, les accrocs, les incompréhensions. Cela est vrai dans le couple, la famille, le travail, la vie de voisinage, la politique, la vie en Eglise. Ainsi, dans le dialogue, nous retrouvons, nous bâtissons la paix.
« Le Christ est notre paix.»
« Venez à l’écart…, mais ne nous enfermons pas sur nous-mêmes.
Comme le Christ restons sensibles aux besoins de nos proche, de la foule qui nous entoure et soyons disponibles, avec lui, pour répondre aux attentes de nos contemporains et témoigner de la Bonne Nouvelle : Par sa Croix le Christ a réconcilié les hommes avec Dieu et il a apporté aux hommes la paix les uns avec les autres. Comme l’affirme Saint Paul :
« C’est lui, le Christ, qui est notre Paix. » La Paix pour tous les hommes.
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,
mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Jésus appela les douze pour être avec Lui. St Paul rappelle dans la deuxième lecture que Dieu nous a choisis dans le Christ pour être saints, immaculés devant lui, dans l’amour, pour être, avec Lui, des fils adoptifs. Appelés, vivons en compagnonnage avec le Christ.
Mais Jésus ne veut pas créer seulement un petit groupe sympa. « Il commença à les envoyer en mission ». Nous aussi nous sommes choisis pour être envoyés. Jésus donne trois conditions :
– Deux par deux, en union les uns avec les autres, afin de ne pas nous approprier la mission.
– Le bâton à la main et les sandales aux pieds, pour marquer la dynamique, pour aller de l’avant.
– Sans pain, ni sac, ni monnaie, ni tunique de rechange, pour marquer le détachement, des choses matérielles, mais aussi de toute action échafaudée, planifiée. Jésus reste la seule source de la mission. « Soyez simples et vrais. »
La mission confiée est triple :
– Lutter contre le mal : misère, inégalité, injustice, guerre, haine, rancune, mensonge… « Jésus donne autorité sur les esprits impurs ».
– Privilégier la fraternité accueillie, mais aussi donnée.
– Être attentifs aux malades, aux isolés, aux laissés pour compte de la société.
Unis au Christ, appelés et envoyés, comme les Apôtres partons avec joie et détermination, notre mission portera du fruit.