VE 450 Août-Septembre 2022 La Violence


En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
Nous voici, comme la semaine dernière, avec une histoire de publicain, mais un publicain encore plus exemplaire que le précédent. Sa rencontre avec le Christ va bouleverser complètement sa vie de percepteur d’impôts : il va distribuer la moitié de ses biens et s’engager à dédommager ceux qu’il aurait pu escroquer. Quel courage et quelle Foi ! C’est dire l’importance capitale de découvrir qui est Jésus dans nos vies. Comme le disait le Père Guy GILBERT : « ma foi n’est pas d’abord l’adhésion à une doctrine. Elle est liée à une rencontre avec un ami, un Vivant qui m’accompagne tous les jours. » Et Dieu sait (…) si une rencontre peut être riche et transformer nos vies. Se trouver en présence de Jésus peut nous faire prendre « un autre chemin », comme les « Rois Mages » après leur visite à Bethléem. Tous ceux qui ont vécu une « expérience spirituelle » vous le confirmerons. Prendre une autre route, c’est aussi ne pas se laisser gagner par une Société engagée sur l’autoroute de l’égoïsme. Réparer le tort qu’on a fait à quelqu’un, n’est ce pas aussi une manière de rencontrer le Christ ?

L’on peut être croyant, pratiquant, bien pensant, respecter les commandements et… être à coté de la « plaque », comme le pharisien cité dans la parabole que nous rapporte Luc. Il ne faut pas généraliser et croire que tous les pharisiens se sentaient supérieurs aux autres, voir Nicodème (en Jean aux chapitres 3 6 7 et 19). Il ne faudrait pas croire non plus que tous les publicains (percepteur des impôts de l’occupant romain) soient humbles. Et nous d’ailleurs, ne sommes nous pas à la fois ces deux personnages ? Nous oscillons entre les deux attitudes. Il nous faut être vrai avec Dieu, se sentir tel qu’on est réellement. Ce n’est pas facile, je vous l’avoue, et puis prier, savons-nous le faire vraiment ? Vous peut-être, moi … comme disaient certains enseignants : « Peut mieux faire. !» Ce ne sont pas nos pratiques religieuses qui nous sauveront, c’est notre FOI EN JESUS-CHRIST, mort et ressuscité pour nos péchés. Dans « l’air du temps », notre Société aurait tendance à nous inciter à être les « meilleurs » et négliger les autres.
Puissions nous dire à Dieu ou lui chanter : « Garde-nous tous petits devant ta face, garde-nous tout petits devant nos frères. »
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice
Voilà au moins une chose que la majorité d’entre-nous avons en commun avec les disciples : la nécessité de prier sans se décourager. Si l’image de la veuve est exemplaire et ne me pose pas de problème, la dernière prononcée par Jésus à la suite de sa parabole m’interpelle. Luc a-t-il eu à encourager une des premières communautés troublée par la crainte, la lassitude et le découragement ? C’est possible, en tout cas, c’est à chacun d’entre nous aujourd’hui que le Christ d’adresse . Il me pose la question : « Michel as-tu fait ton devoir de chrétien pour l’annonce de l’Évangile, as-tu assez de foi pour la transmettre à ceux qui ne me connaissent pas ? Vas-tu rester les bras croisés à attendre que les autres viennent à toi ? » Reconnaissons notre pauvreté, nos manques d’amour et tournons-nous vers Dieu, Lui qui est Amour, comme sans doute cette veuve dans le besoin. Ne nous décourageons pas, malgré les épreuves , et parfois les doutes, restons vigilants (veiller ! comme disait le Christ). Dieu veut notre salut et celui des autres. Alors, nous avons toute notre vie pour y réfléchir et agir. A dimanche prochain, bonne semaine.
En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Encore une histoire cocasse que nous rapportent les Évangélistes ! Voilà 10 lépreux qui sont guéris par Jésus. Ils leur demande de se montrer aux prêtres afin de constater leur guérison et d’être réintégrés dans leur communauté. Sur ces 10 personnes pieuses, n’en doutons pas, un seul – un samaritain, donc un schismatique pour les 9 autres – vient se jeter aux pieds du Christ. Il est le seul à venir le remercier, c’est , peut-être aussi, sa manière de reconnaître en Lui, le vrai Prêtre par excellence. En réfléchissant sur ce passage d’Évangile, je me suis souvenu de deux événements :
– à Lourdes, alors que je me rendais à la piscine du sanctuaire, je me suis retrouvé au milieu d’un groupe important de Chrétiens orientaux, pas forcement catholiques, et quelques Musulmans, venus dans une démarche sincère, à la rencontre de la Mère du Christ ;
– une personne d’une autre confession religieuse qui donnait de son temps dans la même association que moi allait de temps en temps à la Cathédrale pour allumer un cierge et prier.
Nous ne savons pas ce qu’il y a dans le cœur de chaque être humain. Puissions-nous être attentifs aux autres qui ne pensent pas ou ne croient pas comme nous, et reconnaître que Dieu peut aussi agir en eux.