+33 1 45 51 60 55 vea@vea.asso.fr

Mille signes de l’Evangile



« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » Edition du 26 juillet 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 44-52)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. 
Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.  Ayant trouvé une perle de grande valeur, il et il achète la perle.  Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.  Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

 

COMMENTAIRE

 

Que ce soit pour le champ ou pour la perle, le lecteur est appelé à découvrir…

Il me revient à la mémoire ce texte du groupe Tri Yann, adapté du livre de Morvan Lebesque, « Comment peut-on être breton ? », « La découverte ou l’ignorance ».

Il s’agit bien de découvrir ou de passer à côté de chaque fois un trésor.

L’acquéreur du champ semble tomber par hasard sur ce champ. Rien ne dit qu’il soit agriculteur ou même compétent dans le domaine foncier. La coïncidence entre une quête intérieure et la vue du champ n’obéit à aucune loi objective. Ainsi en est-il des rencontres des personnes qui nous marquent et font qu’on se convertit.

Pour le négociant en perles, par définition, on a un homme totalement dans sa compétence. Il est comme le surfeur qui rêve de la plus haute vague, du tunnel assourdissant. C’est la rencontre d’une vie.Le Seigneur va utiliser telle ou telle disposition de notre affect, notre histoire, notre intelligence pour nous faire découvrir son Trésor, selon l’un ou l’autre cheminement.

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier , prêtre du diocèse de Toulouse, pour le partage de ce texte

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » Edition du 19 juillet 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 24-30)

En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’ Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.’ »…

 

COMMENTAIRE

« La parabole du bon grain et de l’ivraie ou la mise en procès de Dieu » pourrait être une œuvre de Voltaire. Si on réfléchit bien, c’est bien de cela dont il est question.

Si tu es le Créateur de toute chose, comment se fait-il que des éléments de la création déclenchent autant de mal ou soient autant en désordre ? Que de violences et même de cruauté dans la nature, le monde animal, végétal, minéral ou viral ! The struggle for life qui organise la vie ne porte pas forcément à la contemplation, si on y réfléchit bien et Homo Sapiens est un doux innocent dans ce monde contrairement à ce que croient les anti-spécistes.

Alors, il y a UN ennemi, issu de la Création, mais qui échappe au Créateur et qui est perçu comme SON ennemi, sorte d’anti-Dieu logique (cf. le catharisme) et qui au final est révélé dans l’explication comme étant LE Mauvais, L’ennemi, Le diable.

Il n’y a pas contradiction ou une confusion entre LE et UN ; il y a un cheminement obligatoire pour comprendre la question du Mal : mise en procès, acceptation de l’indéfini et ciblage – définition du mal / Mal.

 

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse, pour le partage de ce texte.

« Le semeur sortit pour semer » Edition du 12 juillet 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 1-9)

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »…

COMMENTAIRE

La parabole du semeur est certainement l’une des plus connues, tellement que quand on lit ou entend « Voici que le semeur sortit pour semer », on connaît la suite de l’histoire.
Ce que j’ai toujours trouvé curieux dans cette parabole, c’est qu’elle ait une explication par le Christ lui-même, comme si elle cachait une complexité. Or il n’en est rien. Les disciples et leurs contemporains ont une telle proximité avec la terre et la nature, qu’ils n’ont pas besoin d’un éclairage supplémentaire.
En fait ce n’est pas tant le contenu de la parabole qui est intéressant dans cette péricope, c’est le passage enchâssé, qui cite Isaïe pour asseoir le propos central : « Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre ».
On comprend donc la signification et le rôle de toute parabole dans l’Évangile : forcer à voir.
Il faut vouloir voir et entendre le message évangélique, sans attendre une quelconque preuve qui s’imposerait à nous.

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse, pour le partage de ce texte

« Je suis doux et humble de cœur » Edition du 5 juillet 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.  Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.  Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

COMMENTAIRE

Ce passage de l’Évangile est assez bien connu pour son originalité. Il est souvent pris lors de funérailles où la famille reconnaît dans le défunt ou la défunte un côté simple de sa vie et quelque part une revanche de « la France d’en bas » (expression consacrée que je n’aime guère, mais qui est explicite) contre les « énarques , technocrates » ou puissants de ce monde.
La dernière partie peut aussi faire échos quand il y a une vie avec des souffrances passées ou dans la fin de vie : on a besoin que Dieu vienne soulager les souffrances comme un bon médecin. 
La partie du milieu, souvent, on la saute à pieds joints ! Et pourtant c’est la clef explicative de la Révélation au-delà des savoirs et connaissances d’une part et de la traversée des douleurs et du mal-être d’autre part. Cette clef s’enracine dans la relation qu’il y a entre le Père et le Fils et entre le Fils et les humains qui acceptent cette Révélation.

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse, pour le partage de ce texte

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » Edition du 28 juin 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 37-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

COMMENTAIRE

Aimer Christ plus que tout
Devenir  disciple du Christ engage toute notre vie ; il n’est pas au niveau des ‘objets’ de notre affection il est bien au-delà . Ce choix oriente notre vie pour ici et pour l’éternité.
Aujourd’hui la liturgie nous invite à ce choix  aux dépens de nos parents, de ceux qui nous sont chers.
Le christ serait-il égoïste pour nous mener à lui au détriment de nos parents ? Non  évidemment ! À l’exemple d’Abraham à qui il fut demandé de tuer son fils en sacrifice, le Christ nous demande de tout donner, même ce que nous avons de plus précieux, pour qu’il nous comble infiniment en retour.
L’amour pour Dieu invite que nous lui donnions tout  pour qu’il nous comble au-delà de nos espérances.
Être disciples c’est choisir sans hésitation le Christ pour maître et pour ami. C’est répondre à un appel puissant, exigeant et vrai.
C’est un chemin de liberté, de libération qu’i nous est proposé, le Christ nous invité à quitter nos sécurités, à nous déposséder  pour nous recentrer en Lui.
Restons aussi ouvert à l’appel de cet évangile, qui nous invite à l’accueil. En cette période d’été gardons à l’esprit que l’autre qui vient, nous rejoint avec ses richesses intérieures   le poids de son passé,  l’incertitude de son futur comme ses besoins profonds.
Que ce dimanche nous prépare à entendre l’invitation du Pape pour la journée du migrant et du réfugié du 27 septembre prochain «Contraints de fuir comme Jésus-Christ. Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacés internes. ».

Nous remercions vivement le père Jean Claude NGOMA , prêtre du diocèse d’Autun pour le partage de ce texte