« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » Edition du 17 mai 2020
EVANGILE de Jésus Christ selon saint Jean (14, 15-21)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
COMMENTAIRE
En introduction il est peut-être bon de rappeler ce qu’est un samaritain pour les juifs de l’époque. D’emblée, disons que les deux ne sont pas de très grands amis. Leurs différends reposent entre autres, sur le fait qu’ils utilisaient comme livre sacré la Thora, mais avaient modifié quelques textes, ce qui est insupportable pour nos frères juifs. Une autre raison et pas des moindres, les samaritains rejetaient le culte du temple de Jérusalem et se réunissaient sur le mont Garizim pour vénérer Dieu. Ne pas oublier que dans ce contexte culturel, « la montagne est la monture de Dieu ». Autre petit détail, il est dit pour ceux qui avaient été baptisés, « il étaient simplement baptisés au nom de Jésus. » Baptême fait certainement par Jean Baptiste. Pour la petite histoire, le lieu du baptême de Jésus par Jean Baptiste est à Wadi Kharrar en Jordanie. Pierre et Jean, premiers témoins de la résurrection, avec Marie de Magdala ils représentent l’Église. Ceci explique cela, qu’au nom de l’Église, ils vont imposer leurs mains pour que les samaritains présents reçoivent l’Esprit Saint.
Nous voyons à travers de si petits détails évoqués par les Actes, que l’Église est en train de prendre son envol et de se structurer. En effet les chrétiens, quelle que soit l’époque, sont amenés à « rendre raison de l’espérance qui est en eux. » Autrement dit, à s’expliquer sur leur foi. Pas toujours évident de transmettre ce que nous vivons, nous qui par la grâce de notre baptême sommes rentrés dans l’univers du ressuscité. La foi se traduit par une expérience, ce n’est pas simplement une adhésion. La foi, pour rendre compte et devenir témoignage, en amont, elle est expérience. Qu’est-ce que je vis de l’Esprit de l’Evangile dans mon quotidien ? quels sont mes combats, mes solidarités, mon implication dans ma famille, auprès des amis qui parlent au nom de l’expérience que j’ai avec celui qui m’invite chaque jour à vivre debout, en ressuscité ?
L’expérience est un langage qui dit. C’est le meilleur témoignage qui se fait avec douceur et respect. La foi qui, volontairement se dit, risque toujours le dérapage vers le prosélytisme ou le porte à porte et, très à la mode aujourd’hui dans une fausse vision de la Nouvelle Evangélisation, « la pastorale klaxon. » L’Evangélisation n’a pas attendu le XXe siècle pour être nouvelle, elle est nouvelle par essence, dès son origine.
Que notre vie soit témoignage sans oublier que les acteurs principaux de l’évangélisation sont le Christ et son associé le Saint Esprit.
Nos partages, nos initiatives inspirés par la Parole de Dieu ne peuvent avoir qu’une incidence positive sur notre démarche : avoir Dieu « dans la peau ».
Même si les temps sont difficiles à vivre en ce moment, restons positifs. L’homme est grand et beau, la vie pareillement est un printemps quotidien.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
C’était après la mort de Jésus.