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Mille signes de l’Evangile



« Huit jours plus tard, Jésus vient » Edition du 19 avril 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.»
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

COMMENTAIRE

« … Pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom ». Avoir la vie, selon l’Ecriture, ce n’est pas le résultat d’une démonstration réfutant les doutes ; nous ne pouvons pas y croire « comme ça » ! Avoir la vie c’est être visité au cœur même de ce que nous avons de plus fermé. Et avec Jésus, ça s’ouvre au milieu. Les disciples se tiennent dans une maison qui sent le confinement et la peur – peur tenace puisque huit jours après la première visite du Christ, les portes sont toujours verrouillées. Avoir la vie ( et pas seulement de la religion ou des convictions ), c’est être visité par la parole qui dit la Paix. C’est être visité par l’Esprit Saint, être dans le souffle de Jésus, « il souffla sur eux ». C’est accepter ce mouvement qui fait naître l’Eglise et, comme dans toute respiration, la libre circulation entre le dehors et le dedans : l’extérieur s’intériorise, l’intérieur nous fait entendre que nous sommes comme le Christ : des envoyés. Qui est dans le doute, dans cette « affaire-là » ? Thomas ou les calfeutrés ? Thomas n’est pas équipé du prêt-à-croire ; il tient à éprouver ce que le corps ressuscité a de blessé, d’ouvert à l’endroit des trous. Il ne croira pas à sa propre mesure mais à la mesure du Seigneur : c’est lui qui se donne à voir. Et ça perce les apparences ou les idées d’un Dieu sans blessures. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Heureux parce ils verront vraiment l’invisible. Et déjà, ils voient mieux !

 

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin , prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte
« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » Edition du 12 avril 2020

« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » Edition du 12 avril 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean ( 20, 1-9) 

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

COMMENTAIRE

Marie, la Madeleine, se rend au tombeau de grand matin. Ce n’est plus tout à fait la nuit mais ce n’est pas encore le jour. Elle se rend au tombeau avec ce vieux lien d’amour qui l’unit à Jésus. Nous en savons aussi quelque chose, du moins je l’espère. Elle vient au profond de l’aube à la rencontre de son aimé entré au profond de la terre, au plus dur de la terre, le roc. C’est là qu’on a déposé Jésus. Où avons-nous déposé ce Jésus auquel nous croyons ? Dans quelles constructions le tenons-nous fermé ? Dans quel savoir nous tenons-nous cachés ? Ne sommes-nous pas aveugles parce que nous nous imaginons plein de « trucs ». La résurrection est et demeure un évènement qui nous surprendra toujours et nous empêchera de pousser des alléluia convenus comme si la fête de Pâques était un acquis de notre culture. Accepterons-nous d’être perdus comme Madeleine, Pierre et Jean. La résurrection n’est pas plus le retour à la vie que la mort est le retour au néant. Nous ne fêtons pas le retour triomphant à l’état antérieur… même pour la bonne cause ! Cette longue et grave crise sanitaire nous permettra peut-être, quand le confinement sera levé, de ne pas revenir goulument à l’état d’avant. Que ce ne soit pas un retour à ce que nous croyons être la vie mais l’éveil à cette vie qui vient. Accepterons-nous que la vie que nous tenons confinée par notre peur prenne sa liberté, divine, christique. St Paul le dit aux Colossiens : «  vous êtes passés par la mort et votre vie reste cachée avec le Christ, en Dieu ».                Alléluia, donc !

 

 
Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin , prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte

Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu Edition du 5 avril 2020

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 14 – 27, 66

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara: « C’est toi-même qui le dis. »
Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent :« Barabbas ! » Pilate leur dit « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants !» Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. Arrivés en un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire), ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder.Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » Alors on crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime ! Car il a dit : Je suis Fils de Dieu. » Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! » Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire. Les autres disaient : « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. » Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,rendit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent :
 « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

 

COMMENTAIRE

« Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille  pour qu’en disciple, j’écoute. » (Isaïe 50/.)
En cette période étrange de confinement où le carême se prolonge bien au-delà de nos résolutions habituelles et souvent convenues, ne nous privons pas de célébrer le Dimanche de la Passion. Même si nous ne pouvons pas vivre ces grandes assemblées fidèles au rendez-vous de la bénédiction des rameaux, nous pouvons reprendre à notre compte, au cœur de notre situation sanitaire, cet « Hosanna » des foules à Jérusalem. Cet « Hosanna » n’est pas un chant de victoire mais un cri. Cri d’appel au secours. « Hosanna » veut dire « SAUVE-NOUS », c’est le cri des naufragés. Même si nous ne pouvons pas faire bénir nos rameaux, nous pouvons laisser monter ce cri vers le Seigneur et re-trouver le pouvoir de bénir, notre « pouvoir-bénir », c’est-à-dire appeler la bénédiction sur la nourriture, sur la maison, sur les personnes qui l’habitent et celles qui habitent notre cœur et nos pensées… et pourquoi pas sur les rameaux. Loin des églises et pourtant si proches par notre désir d’être rassemblés, laissons entrer dans notre monastère intérieur le Fils du Père. C’est sa Passion pour nous qui chante la véritable victoire.

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin , prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte

« Je suis la résurrection et la vie » Edition du 29 mars 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 1-4

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur., Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade,il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »  Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »  Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort : eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.  Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »  À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus: « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne  mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »  Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »Quand il vit qu’elle pleurait,
et  que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda :« Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »  Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait !  » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

COMMENTAIRE

Si tu avais été là… Cette famille compte sur Jésus-Amour pour rester en Vie.
Cette ‘’maladie’’ ne conduit pas à la mort,…mais pour qu’ils croient que tu m’as envoyé.
Jésus s’y montre vrai homme : capable de pleurer, et vrai Dieu :Lève-toi.

Nous n’avons qu’une vie sous deux aspects, en analogie – corrélation, en reflet – influence réciproque, apparence – fond, comportement – état d’esprit, périssable – impérissable…
L’Homme maîtrise mieux ce qui concerne l’espace et le temps, mais reste en engendrement pour la relation et le don de soi.Je crois que l’amour est à la pensée, ce que la vie est à la matière.
Quatre mystères de création où rien n’est impossible à Dieu, y compris de nous relever, de nous re-susciter chaque jour.Le passé ne peut pas n’avoir pas existé. Notre corps glorieux restera la plus belle ‘’heure’’ de notre vie, son bienfait utile.

Quel beau parcours de catéchumène ! Reste à réaliser, selon les circonstances et notre état de confiance, quel sera ce passage de notre propre mort temporelle à la Vie éternelle en communion ?

Nous remercions vivement Dominique Lefranc, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte.

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » Edition du 22 mars 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9, 1-41

En ce temps-là, en sortant du Temple Jésus vit sur son passage  un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent :« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent :« Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »
Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »

 

COMMENTAIRE

De l’obéissance aveugle aux normes, à la confiance en l’Esprit Saint. Les croyances sont conséquentes.
Sortant du temple, (venant de dieu), en guérissant spontanément l’aveugle né, Jésus fait œuvre de bienveillance.
Qui pour s’en réjouir ?
Pour ceux qui ne croient qu’en l’homme, (les voisins), pour lesquels il faut une explication à tout, il y a forcément tromperie.
Pour ceux qui ne veulent pas avoir d’histoire, (les parents), laissons à d’autres leurs responsabilités.
Pour les tenants de l’autorité, (les pharisiens), tous pêcheurs plutôt que reconnaissants.
Face aux phénomènes naturels, aux souffrances de toutes sortent : obscurantisme, bêtise ou intégrisme ?
Le créateur peut il se désintéresser  de sa création ? C’en est même humain.
Tant qu’à être humblement dépendants, il me parait vital d’avoir une confiance ‘’éclairée’’, humaine et spirituelle.
Que de bienfaits humains de la part de non chrétiens ‘’inspirés’’, en conscience !  N’en faisons-nous pas l’expérience ?
Avons-nous déjà mesuré les bienfaits de nos sollicitations ? Et la confiance ne grandit-elle pas quand on la donne?

Nous remercions vivement Dominique Lefranc, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte