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Mille signes de l’Evangile



« Aimez vos ennemis » Edition du 23 février 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, 5,3-4

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,
tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice
et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,
fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ;
à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

COMMENTAIRE

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Dieu voit grand pour ses enfants, il les veut heureux. Aussi se fait-il pédagogue, patient et miséricordieux dans ses exigences. C’est progressivement que l’homme apprend à sortir de l’animalité pour devenir homme raisonnable. Ce chemin est long, il se vit par étapes. La loi du talion, « œil pour œil, dent pour dent », en est une.  Il s’agit de dépasser le stade de l’instinct primitif de la vengeance aveugle et de la haine. Avec Jésus on va plus loi, car l’amour dont Dieu nous aime et nous donne d’aimer ne connaît ni limites ni frontières. Pour en vivre il faut plus qu’une existence, il faut l’éternité. En attendant, tendre la joue pour combattre la violence en soi-même et être capable de désarmer l’autre. Ne pas sacrifier l’amitié pour un bien matériel. Dialoguer et gérer les conflits au lieu de devenir procédurier. Prier pour ses ennemis, s’en remettre à Dieu qui fait lever le soleil pour les méchants et les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. « Qu’auriez-vous pu faire encore que vous n’avez pas fait? » demande Anne d’Autriche à Vincent de Paul. « D’avantage » répond le saint homme.

Nous remercions vivement, Joseph Penrad, prêtre du diocèse de Metz pour le partage de ce texte.

 

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » Edition du 16 février 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-37)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le
et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la
et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

 

COMMENTAIRE

C’est progressivement que Dieu s’est révélé aux hommes. C’est dans la durée que les hommes le découvrent et le rencontrent aux signes qu’il leur manifeste, relus et interprétés par les prophètes. C’est dans cette histoire que Jésus s’intègre. Sans rien renier du passé, il vient le dépasser. Je ne viens pas abolir, mais accomplir la loi, dit-il. Il faut du temps pour que l’image qu’on se fait de Dieu se purifie, ainsi que sa relation aux hommes. C’est ainsi que le peuple a connu des périodes d’intense ferveur, mais aussi d’infidélité, de conversion et de renouveau. Par Moïse Dieu a révélé aux hommes le minimum pour que le vivre ensemble soit possible. Jésus s’intègre dans ce minimum, non pas pour l’abolir, mais le dépasser, car l’amour dont il aime les hommes et leur donne d’aimer est infini, il ne connaît ni limites ni frontières. Il ne s’agit pas seulement de ne pas tuer, mais faire vivre, faire exister autrui par le contact, par le pardon… pas seulement ne pas commettre d’adultère, mais porter sur autrui un regard respectueux et sans arrière-pensée… pas seulement renoncer aux serments, mais parler vrai. Le disciple de Jésus, tout en respectant la loi, participe à l’accomplissement du projet de Dieu, à savoir la mise au monde du Règne de vérité, de justice,  d’amour et de paix.

Nous remercions vivement le père Joseph Penrad, prêtre du diocèse de Metz, pour le partage de ce texte.

« Vous êtes la lumière du monde » Edition du 9 février 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)

 

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

COMMENTAIRE

Vous êtes le sel de la terre, ressourcés par l’Esprit Saint pour mettre une âme dans vos communautés et refléter l’amour de Dieu dans le monde.
Dans le Seigneur vous êtes devenus lumière, écrit saint Paul, vivez en fils de lumière. Autrement dit, vivez de la sainteté de Dieu, de sa bonté et de sa miséricorde.
Je ne suis pas chargée d’enseigner Jésus, écrit Madeleine Delbrel, mais être Jésus en parlant et en agissant.
Tel est le sacrifice spirituel du chrétien, faire advenir l’amour de Dieu en paroles et en actes. Faire de chaque rencontre une incarnation du ciel sur terre. Acquérir le sens de la gratitude, reconnaître ce qu’on reçoit des autres et ce qu’on peut donner de soi. Apprécier les regards qui font chaud au cœur, les paroles qui réconfortent, les oreilles attentives qui font exister, les services rendus quotidiennement. Gérer les conflits inévitables en nous rencontrant dans ce que nous avons de commun, à savoir notre commune humanité, notre besoin d’aimer et d’être aimés, au-delà de ce qui nous est particulier.
Ainsi le disciple de Jésus peut rester missionnaire dans le monde menacé par la violence, l’individualisme, le communautarisme sectaire. Dans l’ordinaire de la vie il peut faire surgir l’inattendu et l’extraordinaire de Dieu, être lumière du monde.

Nous remercions vivement le père Joseph Penrad, prêtre du diocèse de Metz pour le partage de ce texte.

« Mes yeux ont vu ton salut » Edition du 2 février 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc(2, 22-40)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

Commentaire

Jésus lumière du monde, qu’est-ce que cela veut dire ? Comment le reconnaître comme tel ? Syméon nous en apprend les conditions. De fait, tous ceux qui côtoient Jésus sont fascinés par lui. En lui il y a de la bonté, de la tendresse, la miséricorde, de la sérénité, une présence qui ne laisse personne indifférent. Cette lumière se manifeste aux pauvres dès sa naissance et leur procure la joie, aux disciples quand ils le trouvent en prière, à quelques privilégiés qui ont accès à son mystère sur la montagne de la transfiguration. Bon maître, dit l’homme en venant à lui. L’aveugle court à sa rencontre, Zachée le publicain cherche à le voir, même le roi Hérode, certes par curiosité. Syméon se laisse éclairer de sa lumière. Ajusté au vouloir de Dieu, fidèle aux traditions religieuses, il est en attente, homme de désir et d’espérance. Animé de l’Esprit Saint, il lui est donné de contempler celui qui lui ouvre le chemin de la vie. C’est progressivement que l’homme est appelé à reconnaître l’amour dont Dieu l’aime et lui donne d’aimer, en gestation ici-bas jusqu’à son terme et entrer au-delà du temps et de l’espace dans l’éternité de la vie de Dieu.

Nous remercions vivement,Joseph Penrad, prêtre du diocèse de Metz pour le partage de ce texte.

Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe Edition du 26 janvier 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4, 12-17

  1. Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
    il se retira en Galilée.
    Il quitta Nazareth
    et vint habiter à Capharnaüm,
    ville située au bord de la mer de Galilée,
    dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
    C’était pour que soit accomplie
    la parole prononcée par le prophète Isaïe :
      Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
    route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
    Galilée des nations !
        Le peuple qui habitait dans les ténèbres
    a vu une grande lumière.
    Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
    une lumière s’est levée.
    À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
    « Convertissez-vous,
    car le royaume des Cieux est tout proche. »

COMMENTAIRE

Jésus proclame : « convertissez-vous ! » Quand Jésus parle de conversion que met-il derrière ce mot ?La conversion c’est tourner le dos aux ténèbres,Le péché c’est le non-amour, c’est tout ce qui est contraire à l’amour et qui nous plonge dans la nuit. Le péché rend malheureux, salit l’image de Dieu que nous sommes, le péché nous défigure.

« Faisons demi-tour, demande Jésus, nous étions dans la mauvaise direction, nous marchions dans les ténèbres, nous étions défigurés ».Tourner le dos aux ténèbres pour se tourner vers la lumière, autrement dit vers le Christ qui est, dit-il, « la lumière du monde…. Car le royaume des cieux est tout proche », ajoute-t-il, or c’est lui le Royaume, Royaume d’Amour, Royaume de paix, Royaume de justice.Nous marchons vers la lumière chaque fois que nous Aimons vraiment, c’est-à-dire en donnant de notre personne.

Et le Royaume des cieux est  là, car là où  il y a l’Amour,  Dieu est présent en personne.Notre conversion n’est pas d’abord un changement de comportement, c’est une réorientation de notre vie, c’est nous détourner des forces du Mal, pour nous orienter vers celui qui est la Lumière, qui est la Vie, qui est la Vérité, qui est l’Amour

    La conversion nous fait vivre, nous fait grandir, n’hésitons pas

                             alors à tourner le dos aux ténèbres

     pour nous retourner vers le Christ, « Lumière du monde. »

Nous remercions vivement, Gérard Naslin, prêtre du diocèse de Nantes pour le partage de ce texte.