+33 1 45 51 60 55 vea@vea.asso.fr

Mille signes de l’Evangile



« Les parents de Jésus le trouvèrent au milieu des docteurs de la Loi » Edition du26 décembre 2021

EVANGILE de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-52)

.Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissance. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

 

COMMENTAIRE

Ce qui peut faire de nous une « Sainte Famille », c’est de recevoir cette page d’Evangile et y entendre le Seigneur nous parler de « sa » famille : obéissance des parents de Jésus à la coutume, un déplacement, un pèlerinage. Et au cœur de cette obéissance, l’expérience d’un garçon qui leur échappe déjà. « Pourquoi nous as-tu fait cela ? Nous avons souffert ». Au cœur de ce déplacement traditionnel, consentir au déplacement selon Jésus qui nous échappe. Premier fils perdu et retrouvé. Il y a aussi cette présence de Jésus au milieu des docteurs de la Loi : il écoutait et posait des questions ; les docteurs s’extasiaient devant son intelligence et ses réponses. Au cœur de ce que nous savons et que nous avons appris de cette belle et longue tradition théologique qu’est la nôtre, pouvons-nous consentir à Celui qui nous interroge toujours ? Pour lui tout fait question, comme s’il voulait tirer toute chose de son sommeil, nous rappeler l’énigme de toute chose fondée en Dieu, son Père et notre Père. Premier fils perdu au pays des réponses toute faites et retrouvé là où se disent et se reçoivent les affaires du Père. Marie, d’ailleurs, garde tout cela dans son cœur. Elle a plutôt envie de se taire et renonce à tout expliquer et à en faire des discours. Ce qui nous laisse grandir, ensemble, dans son secret, sous le regard de Dieu et celui des hommes. Bonne fête, Sainte Famille que nous sommes.

 

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin, prêtre du diocèse de Bordeaux pour le partage de ce texte

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Edition du 19 Décembre 2021

EVANGILE de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur.

COMMENTAIRE

Marie et Elisabeth attendaient le Messie ; elles étaient juives, non ? Et cette attente a basculé le jour où elles devinrent enceintes. Je crois que ce jour-là, elles n’attendaient plus le Messie : elles attendaient un enfant. Pour comprendre ou du moins entendre ce basculement, ce bouleversement, il faut le demander aux femmes. Et entre toutes les femmes, il faut le demander aux femmes de l’Evangile. Ecouter ce que Marie et Elisabeth disent de ce qui se passe, de ce qui pousse au niveau des entrailles, interprété comme venant du Seigneur. Celui qui vient n’est pas l’incarnation de nos rêves, de nos valeurs, de nos idéologies, aussi généreuses soient-elles. Une mère peut-elle rêver d’avoir un enfant qui sera crucifié ? Ou décapité ? Un enfant divin pour l’une, un tressaillement d’allégresse pour l’autre : c’est le Christ qui vient. Maurice Zundel dira dans Ta Parole comme une source : « C’est Dieu qu’il faut exaucer, ce Dieu notre enfant, ce Dieu qui veut naître de nous, ce Dieu qui cherche un berceau dans notre âme ». Il veut naître en nous parce qu’il nous traite comme ses égaux. Ah qu’elles seront belles les crèches de nos cœurs, de notre chair et de notre sang ! Cette allégresse nous est déjà offerte.

 

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin, prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte

« Que devons-nous faire ? Edition du 12 décembre 2021

EVANGILE de Jésus Christ selon saint Luc (3, 10-18)

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)   vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes   si Jean n’était pas le Christ  Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

COMMENTAIRE

la très haute et très belle idée que nous avons du partage, de la justice et de la non-violence ? Mais si nous savons ce qu’il faut faire et même si nous faisons ce qu’il faut faire, à quoi nous servirait-il que Jésus vienne ? Jean le Baptiste reçoit la question – car elle est légitime – et il y répond en nous déplaçant sur le terrain du « se laisser faire ». Si lui accomplit un baptême d’eau, c’est qu’il prend très au sérieux la naissance de l’homme et la place que nous avons déjà dans le monde. C’est cette existence qu’il ouvre sur ce que fera Celui qui vient, celui qui baptisera dans l’Esprit Saint et le feu : Souffle Saint mouvement divin d’origine ; Feu qui brûle les fétus de paille, les apparences qui trompent, les protections illusoires. Nous ne sommes pas des semeurs volontaires mais des semences : le Fils vient rassembler ce que son Père a semé en nous et qui a déjà porté du fruit. Entendre cela, et En voilà une bonne nouvelle ! Quelqu’un à qui nous pouvons poser sans complexe la question : « que devons-nous faire ? ». La conversion ne serait-elle qu’un devoir faire pour réaliser, à coup de bonnes intentions et d’efforts, seulement cela, devrait déjà nous réjouir.

 

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin, prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte.

« Tout être vivant verra le salut de Dieu » Edition du 5 décembre 2021

EVANGILE de Jésus Christ selon saint Luc (3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés.  comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

 

COMMENTAIRE

Oui : « tout homme verra le salut de Dieu ».
Super Tibère, Ponce Pilate, Hérode, Philippe, Lysanias , empereurs, gouverneurs et princes avec Anne et Caïphe, les grands prêtres. Le grand monde, quoi. Le grand monde des grands de ce monde, même la religion en fait partie. Et la parole de Dieu fut adressée à qui ? A personne de la liste. Mais à Jean, Ioahânan ben Zekharyah. Et où ? Dans le désert. Ce n’est pas très communiquant tout ça. Mais c’est une voix qui ouvre la voie. C’est une voix qui prépare le chemin de Celui qui est le chemin. Il va où ? Nous ne le savons pas. Ce que nous entendons, c’est qu’Il passe là où les montagnes de malentendus, les collines de méconnaissance, les passages tortueux de nos complicités, les routes déformées de nos discours et de nos croyances éculées, Il passe là où tout cela lui laisse la place de passer. Et ça promet… puisqu’il s’agit d’une promesse. Ce n’est pas un discours bien rond, bien ronron : c’est un CRI. Et ce cri nous ouvre les yeux : tout homme verra.
« Tout homme verra le salut de Dieu ».

 

 

Nous remercions vivement le père Joseph Pelloquin, prêtre du diocèse de Bordeaux, pour le partage de ce texte

« Votre rédemption approche » Edition du 28 novembre 2021

EVANGILE de Jésus Christ selon saint Luc (21, 25-28.34-36)

 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.  Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

 

COMMENTAIRE

Nous commençons en ce dimanche ,28 novembre, une nouvelle année liturgique. Et dès ce premier dimanche, nous sommes projetés en avant, car nous allons vivre maintenant dans l’attente de la venue du Christ. C’est le temps du désir, de la promesse, du renouveau car nous espérons accueillir Celui qui est notre espérance.
Voici que Jésus parlait à ses disciples de sa venue. « Il y aura des signes dans le ciel …il faudra se tenir sur ses gardes, rester éveillés et prier …les nations seront affolées…les hommes mourront de peur, alors on verra le Fils de l’Homme venir sur la Nuée avec grande puissance et grande gloire…car la rédemption est proche. »
Comme les disciples, nous ne comprenons pas. Et comment ne pas être impressionné par le poids des évènements évoqués par Luc.  Nous sommes souvent déroutés, surpris, incertains. Nous avons du mal à nous libérer de nos peurs et à nous projeter. Notre société nous enferme dans l’instant, l’immédiateté, alors comment à la faveur de l’Avent retrouver le sens de l’attente ?
L’Avent c’est l’art de l’attente. Pour le chrétien, il s’agit d’attendre le Sauveur, Celui qui doit venir. Mais le Christ ne va pas venir comme nous le voulons, son attente laisse place à la surprise .Nous ne maitrisons pas le temps de sa venue.  Alors entrer en Avent : c’est laisser le Christ nous rejoindre en lui ouvrant l’espace de nos vies.
Oui, le Christ est venu et Il reviendra encore. Le Christ est toujours à venir, pour renaitre dans nos existences .Mais, nous sommes si souvent comme le prophète Elie sourds aux moindres bruissements de la brise légère où  l’Eternel se révèle. Il est quelque fois utile de se mettre à l’écart, de rejoindre la montagne et de faire silence pour y déceler les traces de l’Esprit en nous et exercer notre vigilance dans la prière et la veille comme Le Christ nous le recommande.
Nous sommes comme ces guetteurs, ces veilleurs qui se tenaient aux remparts des villes, à un emplacement attitré, dans l’épaisseur de la nuit et le silence. Rien ne devait les troubler, ils devaient restés éveillés, scruter l’horizon, être attentifs aux moindres bruits pour accueillir les passants, l’étranger.
L’Avent peut être ce moment particulier de désert, de silence où nous pouvons nous réconcilier avec nous –mêmes et entendre la voix de notre Dieu et lui ouvrir la porte à une relation plus intime, avec celui qui est toujours le tout autre, mais notre Dieu. Et comme le disait le Père Charles de Foucauld : « Il faut passer par le désert, et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu.
Que l’Avent ne soit pas seulement la préparation de la naissance du Christ à Noël, ce que nous attendons : c’est son retour, sa venue dans la gloire, cette espérance eschatologique du retour du Christ qui donnera la plénitude à nos vie et à l’histoire de toute l’humanité.
Comme les premiers chrétiens disons simplement : « Maranatha », Viens Seigneur ! Demandons la grâce de L’Esprit Saint qu’Il hâte en nous et dans notre monde souvent blessé, la venue, le retour du Christ.

 

Nous remercions vivement le diacre Bertand Bickel, diacre du diocèse de Nimes., pour le partage de ce texte