VE 445 Janvier 2022 La beauté



En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. à cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent
Etre pêcheurs d’hommes.
Quand Dieu s’apprête à confier une mission à des hommes, leur premier réflexe est de mesurer leur fragilité. Avance en pleine eau…Avance au large. « Sois sans crainte ! » dit Jésus à Simon. Mon chemin, ma vérité, ma sainteté ne te menace pas, elle te sauve. Cette pêche prodigieuse nous invite à parler du filet dont il est question par trois fois. Qu’est-ce qui nous saisit et nous met dans notre vocation ? Qu’est-ce qui doit être là, dans la barque de nos existences, dans la barque de notre paroisse, prêt à être lancé vers l’extérieur, comme le filet est dans la barque avec les pêcheurs?
Le filet que nous sommes appelés à lancer dans le monde est un filet de confiance, un filet de partage des talents. La confiance en soi, la confiance en l’autre naît de la confiance que Dieu place en nous.
Cette confiance n’attend pas que l’autre soit comme on voudrait qu’il soit, mais elle est soutenue par l’acceptation de l’autre tel qu’il est, appelé par Christ à le suivre. C’est le filet que nous voulons dans la barque de notre Eglise et que le Christ nous invite à lancer, le filet léger et lumineux, le filet pour la vie, la nôtre et celles des hommes et des femmes de notre temps, celui que le pape François lance avec le synode romain. Amen
En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ‘Médecin, guéris-toi toi-même’, et me dire : ‘Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !’ » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Nous avons vite fait de classer les gens : Un tel, je le connais bien, j’ai connu ses parents…. C’est un peu cela qui se passe dans ce passage d’évangile. Jésus vient de commencer sa vie publique. Et voilà qu’il a le culot de dire à ses compatriotes : « Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture… » Là, ses interlocuteurs réagissent : Mais pour qui se prend-il ? Nous le connaissons ! C’est le fils de Joseph et de Marie…Qu’est-ce qu’il a de plus que nous ? Jésus fait face à ses interlocuteurs. Il évoque deux évènements bien connus : deux prophètes importants, Elie et Elisée, ont accompli des miracles, non pas dans leur peuple, mais chez des étrangers : deux pays qui ne partageaient pas la foi juive. Lui, Jésus le Messie n’a été pas envoyé seulement au peuple d’Israël, mais à tous les peuples, à toute l’humanité. Pour Dieu, il n’y a pas d’exclu. Ils ont voulu enfermer Jésus dans quelque chose de connu, sans chercher à s’ouvrir à son mystère. Jésus vient pour tous les hommes, quelle que soit leur situation, leur sexe, leurs opinions, leur religion, leur couleur : autant de situations qui conduisent bien souvent à la discrimination ou à l’exclusion. Et dire que certains aujourd’hui se réclament des valeurs « chrétiennes » pour justifier de telles attitudes. Ne nous laissons pas embarquer par les idées diffusées par certains réseaux , des idées simplistes. Les réalités actuelles sont complexes. Prenons le temps de la réflexion et du discernement. Quand on enferme quelqu’un dans une case, dans un jugement définitif, on sème des graines qui engendreront des divisions et des conflits. Chaque personne est plus grande que ce qu’on en perçoit. Il en en de même pour Dieu. L’Evangile nous invite à élargir nos horizons et à rejoindre tout homme, toute femme. C’est à ce travail que nous invite La Conférence des évêques de France, à l’approche d’élections importantes pour notre pays. Prenons le temps de nous informer sérieusement au-delà de tous les slogans trop faciles. La démocratie suppose de « débattre et de discerner », rappellent les évêques dans ce texte intitulé « l’espérance ne déçoit pas ». Les évêques concluent ainsi : Nous traversons des temps rudes et périlleux. Mais la peur est toujours mauvaise conseillère. C’est l’espérance qui ouvre le chemin de choix courageux et salutaires. Dans la foi, nous savons que « l’espérance ne déçoit pas parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs ( Ro 5,5). « C’est aujourd’hui que s’accomplit ce passage de l’Ecriture. » Jésus est l’aujourd’hui de Dieu. Et cet aujourd’hui passe par nous, ses disciples, rassemblés en Eglise, signe de Dieu parmi les hommes. ,