VE 434 Novembre 2020 L'absence


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile. tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’ Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Veiller, être prévoyant
Deux expressions qui en somme n’en font qu’une. Etre prévoyant c’est se tenir prêt et donc être en éveil, mais comment?
La parabole qui met en scène les 10 vierges nous interroge sur ce que nous faisons et ce que nous sommes pour nous préparer à la venue du Seigneur? Autrement dit: ma réserve d’huile à moi, c’est quoi?
A chacun sans doute sa réponse selon son âge, sa condition de vie, ses compétences. Pour certains c’est se tenir prêt dans la prière. Pour d’autres ce sera d’être attentifs aux fragilités de ceux qu’ils aiment. Ou encore se rendre disponible aux attentes de nos frères proches ou éloignés. Ce serait peut-être aussi de s’enrichir chaque jour du message de l’évangile et le mettre en pratique. Toutes ces attitudes et bien d’autres qui nous mettent en lien avec le Seigneur.
Et puis, la question du partage de la réserve d’huile qu’avait faite les vierges prévoyantes est une autre interrogation. Mais peut-on partager avec d’autres le temps, la disponibilité, la relation que nous avons eu avec le Seigneur?
Les cinq vierges prévoyantes nous laissent entendre qu’on ne peut pas être prévoyant à la place des autres. Par contre ne pourrions-nous pas aider nos frères à faire eux aussi leur réserve d’huile?
Tenons-nous prêts! Sinon quelle douleur ce serait de s’entendre dire: « je ne vous connais pas »
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
TOUS APPELES A LA SAINTETE
En ce jour de la Toussaint, comme les disciples de Jésus nous nous approchons de lui sur la montagne où il nous attend pour nous enseigner le chemin qui conduit au Royaume.
Et ce chemin est un chemin de joie comme nous l’indique la litanie des bonheurs décrits dans ce passage d’évangile. Elle nous renvoie à nos attitudes quotidiennes et à notre disponibilité pour emprunter le chemin tracé par Jésus. Un chemin d’humilité où nous sommes invités à la pauvreté des cœurs, à la douceur, à être artisan de paix et de justice etc., non pas par contrainte mais par choix et obéissance à l’évangile.
Il ne s’agit pas d’être heureux de souffrir, mais heureux de répondre aux appels du Seigneur.
Le père Denis Sonnet, qui était prêtre du diocèse de Troyes et formateur de conseillés conjugaux au CLER disait : « le Christ n’a pas dit :.. heureux les sans famille, les sans amour, les laissés pour compte de l’amour…le Christ a dit: …heureux ceux qui ont aimé les pauvres, images du Christ et présence pour eux du Christ… »
C’est sur ce chemin de sainteté où nous sommes tous appelés- nous rappelle le pape François- à nous faire pèlerin du bonheur, pèlerins joyeux en marche vers le Royaume.
« réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse car votre récompense est grande dans les cieux »
Bonne fête à tous
En ce temps-là, les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »
Dans sa concision l’Evangile rassemble toute la profondeur des Ecritures. Cette page oblige à tenir ensemble l’amour de Dieu et l’amour du prochain, à faire exister le frère avec la même passion que nous mettons à exister nous-même dans l’amour de Dieu. Deux commandements : l’un ne remplace pas l’autre, mais ils s’éclairent pour la seule finalité qui est l’Amour.
De manière pratique, chaque jour, il nous faut choisir. Il est une théorie de l’amour du prochain, ou une pratique de cet amour, qui en viendrait à se passer de Dieu, comme il est une doctrine de l’amour de Dieu qui oublierait le prochain. Pourtant, malgré les difficultés théoriques et pratiques, la vie de Jésus nous montre un autre chemin. Le disciple du verbe incarné s’ouvre à une recherche qui vise les deux réalités : un amour du prochain prolongeant l’intimité personnelle avec le Seigneur, et un amour de Dieu dont l’authenticité se vérifie dans la rencontre fraternelle.
Le Règne de Dieu, dit une espérance que le Christ nous a apportée et qu’il nous demande de porter au monde. Nous continuons l’œuvre de Dieu. Aimer Dieu, s’aimer soi-même et aimer son prochain devient un même et unique mouvement de Vie. Amen.

En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » semble établir une séparation radicale entre d’une part le sacré, le religieux et d’autre part le profane. D’un côté, la vie de la cité qui suivrait sa propre logique, et de l’autre la foi qui suivrait la sienne. C’est une tentation de notre société. Ce n’est pas l’enseignement de l’Evangile. Jésus, plus que d’éviter un piège, nous enseigne.
La foi ne donne pas de règles pour résoudre les solutions techniques, scientifiques, politiques, sinon qu’elle exige la charité en toutes choses et qu’elle est au service de la vie. La dernière encyclique de notre pape nous ouvre aussi ce chemin.
Toutes nos décisions concernent et intéressent Dieu. Nos choix et nos engagements professionnels, affectifs et familiaux, sociaux et politiques, spirituels et pastoraux, tout – nous le savons -, tout peut être vivifié de l’intérieur par l’esprit du Christ.
Ce qui appartient à Dieu n’est pas un impôt, mais la parole libre et vraie qui nous est donnée par le Christ et auquel nous sommes invités à répondre avec la même qualité de liberté et de vérité. Si bien que nous ne pouvons pas rendre à César ce qui est à César, c’est-à-dire entrer dans la voie de la justice, sans rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Amen.