VE 465 – Février 2024 Aimer


EVANGILE st Marc (Mc 1, 29-39)En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.
« ‘’ 29 Jésus sorti de la synagogue … 39 IL parcourut tout la Galilée, … proclamant La Bonne Nouvelle … expulsant les démons. ‘’
Rien que ça et tout ça à la fois, c’est ce à quoi est appelé le Chrétien, celui qui est avec, par et en Le Christ par son Baptême.
Sortir de la synagogue, de l’église, n’est pas pour rester dans sa bulle religieuse, mais c’est pour aller vers Jésus qui est en les autres. Nous avons fêté St Paul le 25 janvier. Jésus lui a dit : « Pourquoi ME persécuter ? » Actes 9,04 et 22,07. Oui, Jésus est en tous les humains.
Parcourir toute la Galilée, car il n’y a pas de lieux infréquentables où La Bonne Nouvelle ne puisse être annoncée. Bien au contraire, Jésus est venu nous sauvés, TOUTES et TOUS.
Expulsant les démons, et ils sont nombreux en nous et autour de nous. Au bistrot, jeudi soir, toute la désespérance exprimée ne méritait elle pas d’être soignée, guérie ?
La Bonne Nouvelle se proclame par nos paroles qui montrent ce qui se vit de beau, de bon dans notre monde, par nos gestes et dévouements vécus par amour. La Bonne Nouvelle relève l’humain déchu, expulse les démons. Merci Seigneur de nous encourager par Tes Paroles de Vie. »
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.
C’est autour du thème de « l’autorité » que je vous propose de relire les textes de ce dimanche. Rien de nouveau sous le soleil … Il y a d’abord l’autorité liée à la productivité : il faut du rendement dans les affaires, mais cette démarche n’est pas forcément celle qui tient compte de ceux et de celles qui ont besoin d’être accompagnés parce qu’ils sont limités dans leur être social et parfois par leur handicap. Il y a une autre forme d’autorité que nous découvrons à travers les lectures de la bible : c’est celle de la parole de Dieu dont la voix passe en particulier par les prophètes, les haut-parleurs de Dieu. Il est bon de rappeler ici l’étymologie du mot « prophète » : celui qui parle et transmet de la part de Dieu.
Certes, il est vrai que certains essaient d’utiliser cette démarche pour leur propre compte, nous trouvons à ce propos l’attitude et la réponse de Dieu dans les dernières lignes du Deutéronome : « un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ce prophète-là mourra ». Ce qui me semble important pour nous, c’est que les propositions d’un esprit prophétique aujourd’hui doivent nous permettre d’analyser ce qui se vit dans l’Eglise : être vigilant sur tout ce qui peut être divagations d’une religiosité mal éclairée. C’est en ce sens que notre mouvement peut revêtir une dimension prophétique lorsqu’il propose et concrétise des démarches qui permettent de donner du sens à un monde où le respect de l’humain devient la clé. Nos échanges sont d’autant plus importants qu’ils permettent de ne pas s’isoler dans ce que nous pensons et croyons et d’autre part nous amènent à nous enrichir par le partage.
L’évangile ne vient pas contrarier ce qui dit dans le texte du Deutéronome, au sujet de l’autorité prophétique, bien au contraire. Nous sommes à Capharnaüm, le Marseille du coin, et l’Evangile en rajoute : c’est un jour de Shabbat et notre Jésus vient enseigner à la synagogue … il est là au cœur de la vie religieuse locale avec les juifs pratiquants et Marc nous dit tout de suite « il enseignait en homme qui a autorité. » L’intervention de ce dit-possédé symbolise les courants rigides qui enferment le message de Dieu tout en reconnaissant qu’ils se confrontent à celui qui est le Saint de Dieu et qui vient au milieu de son peuple pour permettre au plus grand nombre de vivre une foi qui n’est pas réductrice mais créatrice de sens pour le bien-être de tous. Ces textes nous invitent à vivre de même aujourd’hui car le message de l’Evangile nous permet de fonder notre foi sur la parole qui sauve. La véritable synagogue aujourd’hui ce sont les associations de quartier, les réunions de voisins, la vie citoyenne…
J’en suis où de mes choix ? : l’Evangile vient nous provoquer positivement en nous permettant d’évaluer les différentes prises de position familiales, amicales et professionnelles. Jésus reste celui qui me donne la force de faire reculer tout ce qui dans mes actions n’est pas au service de l’humain.

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :« Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.
L’évangile de Marc qui nous accompagne pendant cette année liturgique B, nous invite à suivre Jésus en Galilée, pays païen ; symboliquement, si nous actualisons cet évangile, Jésus nous met dans un contexte d’ouverture à l’autre, sous-entendu avec ceux qui ne partagent pas forcément notre foi.
L’évangile nous raconte la rencontre de Jésus avec Simon et son frère André, au bord du lac de Tibériade alors qu’ils sont en train de pécher avec des filets. Jésus les interpelle en leur disant : « Venez derrière moi, je ferai de vous des pécheurs d’hommes ».
J’aimerais souligner ici la différence que nous pouvons faire entre des pécheurs de poissons et des pécheurs d’hommes. Les pécheurs de poissons sortent les poissons de leur milieu de vie, l’eau, pour qu’ils meurent afin de les vendre et d’en vivre. A l’inverse, Jésus propose à ses disciples de lancer à nouveau leurs filets pour pêcher des hommes, non pour les sortir de leur milieu de vie mais bien au contraire pour les propulser dans une vie rayonnante et leur permettre de vivre debout et d’accomplir et de partager son message auprès de leurs frères. Nous pouvons mettre cet extrait de l’Evangile de Marc en parallèle de l’extrait de la première lecture (le livre de Jonas) à savoir que Dieu ne nous veut que la vie. Pareillement, l’Eglise d’aujourd’hui prend sa pleine dimension lorsqu’elle accueille le tout-venant et qu’elle exprime envers chacun et avant tout de la tendresse.
Dans cette démarche, nous sommes là au cœur de notre mouvement qui cherche à vivre tout simplement le rapprochement entre les êtres. Cette attitude est d’autant plus contemporaine que nous vivons dans un contexte mondial meurtri par des oppositions politiques qui conduisent dans leurs excès à des situations de guerre dans de nombreux pays. Quant à nous, partons du principe que notre action, aussi modeste soit-elle, quand elle exprime la tendresse de Dieu, ne peut avoir que des répercussions positives ; cela nous renvoie à ce qu’a dit le pape François aux employés du Vatican : « Faites le bien qui ne fait pas de bruit », agissez dans la discrétion et la petitesse là où se révèle « le caractère doux de Dieu … qui se rend présent de la manière la plus ordinaire possible, en se faisant l’un de nous » et encore : « avec lui, nous apprenons tous le chemin pour entrer dans le royaume de Dieu : non pas une religiosité apparente et artificielle, mais en se faisant petits comme des enfants. »
