+33 1 45 51 60 55 vea@vea.asso.fr

Mille signes de l’Evangile



« Le publicain redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien » Edition du 27 octobre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,9-14

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
‘Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Commentaire

Alors que le mois du rosaire touche à sa fin, mois consacré à la prière avec Marie, nous voici confrontés à nos propres attitudes de prière, à notre relation à Dieu.
A nouveau, jésus nous parle en parabole en nous présentant deux hommes bien différents et deux attitudes de prière opposées. L’un, droit dans ses bottes vient dire à Dieu tout ce qu’il fait de bon et de juste. Et finalement tout le bien qu’il pense de lui même. L’autre vient plutôt vers le Seigneur en lui présentant ses faiblesses, en implorant sa grâce et son pardon.
Nous pouvons les imaginer l’un devant l’autel et le regard droit, l’autre en retrait, prosterné et la tête dans les mains ou les yeux baissés.
Nous avons une certaine aversion face à ceux qui se vantent, qui ne parle que d’eux. Nous préférons une vraie rencontre, qui laisse place au dialogue.
La parabole de ce dimanche nous montre aussi l’attitude que Dieu préfère, là où il peut nous parler et patiemment nous ajuster à lui.
Prenons appui sur l’attitude de Marie dans le magnificat. Prenons le temps de méditer cette prière et d’en vivre.

Nous remercions vivement Joel Jolain, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte

 » Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui » Edition du 20 octobre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,1-8

 

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
‘Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ »
Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme,
quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ?

commentaire

La parabole que Jésus utilise dans ce passage d’évangile nous met en présence de deux personnes que tout oppose. D’un côté un juge, sans justice autrement dit au dessus des lois et qui ne crois pas en Dieu, et de l’autre une veuve, et donc, une femme totalement démunie qui vient demander que justice lui soit rendue contre son adversaire.
Jésus emploi cette parabole pour redire à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager.
C’est ce que fait la veuve. On ne peu pas dire que sa prière ait amené le juge à une conversion dans le sens de se tourner vers Dieu. En fait c’est plus pour être tranquille que pour rendre justice à la veuve dont rien ne dit qu’il ai compris la demande. Mais pour elle le résultat est là.
Ne sommes-nous pas parfois dans la situation de la veuve et à d’autres moments dans celle du juge?
Osons-nous, comme cette veuve, insister jusqu’à obtenir ce qui est juste?
Nous laissons nous convaincre par la vérité de l’autre comme ne le fait pas ce juge?
Dieu, lui, exauce notre prière quand elle est juste c’est à dire : ajustée à sa justice.

 

Nous remercions vivement Joel Jolain, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte

 » Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu! » Edition du 13 novembre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 11-19

En ce temps-là,
Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Commentaire

Il aura fallu une bonne dose de foi à ces dix lépreux pour oser franchir les limites de la loi; pour le samaritain plus que les neuf autres. Mais à 10 ils sont plus forts, ils s’épaulent, car leur démarche est très risquée.
Leur désir est simple, Ils veulent guérir. Guérir de cette maladie qui les exclus de la société des hommes. La loi leur ordonne de se tenir à l’écart. Il leur a fallu affronter les interdits dus à leur lèpre, sortir du parc qui leur était destiné et plutôt que de crier « impur, impur », demander la guérison. Ils croient que Jésus va les guérir. Ils ont confiance, ils sont forts.
Des lèpres, aujourd’hui il y en a d’autres et des gens tenus à l’écart aussi. Tous ceux que notre société refuse. Nous les connaissons sans trop vouloir les voir.
Nous avons aussi nos propres lèpres. Osons-nous affronter le regard des autres? Restons-nous parqués dans nos limites? Avons nous assez de foi pour demander à Dieu de nous libérer? Et lorsque nous sommes libérés, considérons-nous que c’est normal ou avons-nous la simplicité, comme ce samaritain de dire merci et ainsi de pouvoir s’entendre dire « relève-toi et vas, ta foi t’a sauvé ».

Nous remercions vivement Joel Jolain, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte

 » Si vous aviez la foi » Edition du 6 octobre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17 5-10

En ce temps-là,
les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.
Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

Commentaire

L’évangile de ce dimanche nous donne deux enseignements : La foi ne se mesure pas en volume ou en durée même si nous pensons que nous pensons manquer de foi. Nous avons l’impression que d’autres ont vraiment la foi, bien plus que nous.
Non, Jésus nous redit que cela n’a rien à voir avec une question de quantité et l’exemple de la graine semée en terre dont nous avons tous fait l’expérience nous laisse admiratifs devant la merveille qui s’opère au moment de l’éclosion.
Oui il est grand le mystère de la foi comme est grand le phénomène de naissance d’une plante, d’un homme.
La foi nous est donnée. C’est un cadeau de Dieu. Ne réclamons pas un cadeau plus grand, prenons celui qu’Il nous offre.
Deuxième leçon: la gratuité du service.
Je me souviens d’un frère des écoles chrétiennes qui disait : un service c’est gratuit. Si tu l’as fait c’est que tu pouvais le faire. Si pouvais le faire tu devais le faire et comme tu devais le faire on ne te doit rien.
Voilà qui nous invite à ressembler au Christ qui donne sa vie gratuitement.
Ce qui est donné est gagné.

Nous remercions vivement Joel Jolain, diacre du diocèse de Troyes, pour le partage de ce texte

 » Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant,lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » Edition du 29 septembre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,19-31

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux, il vit Abraham de loin
et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’
Le riche répliqua :
‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :
‘Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.’
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

Commentaire

La parabole décrit l’inégalité entre le riche et Lazare. Situation qui se renverse complètement dans l’au-delà. De son vivant, le riche a complètement ignoré le malheureux. Mais voilà qu’au-delà de la mort, ce riche prend conscience de sa situation désespérée. Mais c’est trop tard ! Il y a quelque chose de définitif qui s’est joué. Plus possible de revenir en arrière ! Ils ont Moïse et les prophètes, lui répond Abraham. S’ils les écoutent, la conversion est toujours possible. Ces situations d’inégalités existent toujours. C’est le grand problème de notre époque. Certains s’en accommodent ; d’autres luttent plus que ça change. Ce combat n’est pas simple, il demande beaucoup de courage, de solidarité active, de persévérance. Le pape François parle souvent de la mondialisation de l’indifférence et il appelle à une culture de la rencontre. C’est bien à cela que nous engage la Parole de Dieu à travers ses prophètes d’hier et d’aujourd’hui. Saurons-nous les écouter ? « Ah ! Si j’avais su », nous-arrive-t-il de dire quand nous sommes devant certaines conséquences de nos manières de vivre.

Nous remercions vivement le père Clément Jung, prêtre du diocèse de Metz, pour le partage de ce texte