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Mille signes de l’Evangile



« Son visage devint brillant comme le soleil » Edition du 1er  mars 2026

« Son visage devint brillant comme le soleil » Edition du 1er mars 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 17, 1-9)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

 

 

extrait icone Theophane le Grec wikipedia 15ème siècle.

Commentaire:

Faire route avec Jésus
Après nous avoir invités à la conversion, à « revenir vers Dieu de tout notre cœur », à « nous laisser réconcilier avec Dieu », le prophète, saint Paul nous proposent de faire route vers Pâques avec Jésus.
Lui, le Fils de l’homme, comme nous, il a fait face au démon et ses tentations.
Aujourd’hui, c’est le Fils de Dieu qui nous est révélé. Il est la lumière, la pureté, le rayonnement, la joie, le désir de s’installer avec lui dans ce moment de bonheur. Mais pour vivre à plein cette grâce, Jésus nous emmène avec Pierre, Jacques et Jean à l’écart ; dans la nature, dans sa chambre, à l’église, seul ou avec quelques uns. Il n’est pas facile de s’arrêter, de prendre du temps, mais alors Dieu nous fait bien sentir que Jésus est son Fils bien-aimé, en qui il a mis toute sa joie. Il est le messie attendu depuis longtemps. « Il est le chemin, la vérité, la vie ». Il est le guide de notre vie. Cela vaut le coup de l’écouter, de le suivre.
Mais ce moment de contemplation, de crainte, de bonheur ne dure pas. Il doit animer notre vie, nous dynamiser pour retourner vers ceux que nous aimons et ceux que nous n’aimons pas assez, vers nos occupations. Et là, Jésus nous accompagne, comme il est descendu de la montagne avec Pierre, Jacques et Jean.

                                               Bonne route.

Nous remercions vivement le père Daniel Baron, prêtre du diocèse de Nancy et Toul , pour le partage de ce texte.
Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté Edition du 22 février 2026

Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté Edition du 22 février 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 1-11)

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit :Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte.
Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

tentation du christ par Duccio wikipedia

 

 

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Commentaire:

On peut être surpris par la place de l’Esprit dans le processus de tentation du Christ et notamment l’intention volontaire. Jésus est conduit POUR être tenté. C’est curieux, non ?Que Jésus aille au Désert, c’est normal. Le Désert (מִדבָּר midebâr en hébreu) est le lieu de la Parole (דבָּר dvâr/dbâr en hébreu), et donc de la Parole de Dieu. On peut faire un jeu de mot en hébreu, difficilement perceptible en français. En tant que Logos, il est chez lui. Il est Maître chez lui.
Être conduit, ce n’est pas être mené, c’est cheminer physiquement et intérieurement, pour le Christ.
À cause de l’Incarnation du Verbe, le Christ dans son humanité fait l’expérience que la Parole ne peut pas être sans limites. Et cette finitude (non définitive, bien sûr, grâce à la Résurrection), le Christ la découvrira sur la Croix, où par la mort, le Logos, le Verbe se taira, entraînant par voie de conséquence, le Silence du Père.

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse , pour le partage de ce texte.
« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » Edition du 15 février 2026

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » Edition du 15 février 2026

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 17-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.  Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère.
    Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien ! moi, je vous dis : tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Bernadette Lopez : evangile et peinture                                                                                                                                                                

Commentaire:

Saint Matthieu évoque la Loi et son importance. Dans une lecture un peu rapide, on serait tenté de résumer son propos dans une sorte de rigorisme juridique ou une stricte observance de la Loi.
Si on compare à Saint Paul, évidemment, on est dans un opposé absolu. Mais Matthieu et Paul ne décrivent pas la même réalité de la Loi.
Paul prend la Loi de Moïse, dans un sens très strict, dans le fait de “judaïser”, de la pratiquer et est dans une logique de rupture entre l’ancienne Loi et la nouvelle Loi, instaurée par le Seigneur Jésus.
Matthieu personnifie la Loi. L’histoire du “iota” en grec, qui correspond au “yod” en hébreu, renvoie à la pratique des scribes, qui écrivaient YY (double yod) au lieu de YHWH, pour ne pas prendre le risque de mal écrire le Nom de Dieu, YHWH. Donc dans la logique de Matthieu, il s’agit d’énoncer que rien de Dieu ne passera, l’infini de Dieu. Cela va bien au-delà de la seule Loi de Moïse.
Pour Matthieu, il n’y a pas rupture entre la Première et la Nouvelle Alliance, mais continuité.

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse , pour le partage de ce texte.
« Vous êtes la lumière du monde » Edition du 8 février 2026

« Vous êtes la lumière du monde » Edition du 8 février 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.  Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

                                                                                                                                                                

Commentaire:

Conserver les aliments à l’époque romaine pouvait poser des difficultés. Peut-être que la glace ou le froid étaient utilisés en zone de montagne ; l’huile et le vinaigre devaient l’être aussi partiellement. Mais c’est principalement le sel qui était utilisé comme conservateur et exhausteur de goût. C’était aussi un produit taxé, cher et surtout de première nécessité. Le sel, c’était aussi les conditions de production : les condamnés étaient envoyés dans les mines de sel, avec une espérance de vie très relative. Le sel attaque tous les tissus au contact, dans les poussières.
Aujourd’hui, du moins en Occident, le sel est partout en cuisine, trop selon les normes de l’OMS, toujours trop et il est très peu cher. C’est un ennemi sournois pour la santé !
Bien entendu, la finalité du propos du Christ est d’attirer l’attention sur la “fadeur” du sel et donc celle des chrétiens. Le Christ nous demande d’avoir du goût, d’être gouteux pour les autres. Cette idée de donner du sens, de la saveur avait déjà été énoncée, d’une autre manière, par Saint Paul. “Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, parmi ceux qui accueillent le salut comme parmi ceux qui vont à leur perte”. (2 Co 2, 15)

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse , pour le partage de ce texte.
« Heureux les pauvres de cœur » Edition du 1 février 2026

« Heureux les pauvres de cœur » Edition du 1 février 2026

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  (Mt 5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.  Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.  Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

 

 

Vitrail de Gilles Caron. Eglise de Senzoku au Japon.idée KT

Commentaire:

Les Béatitudes nous plongent dans ce qui peut apparaître une évidence aujourd’hui : Dieu veut notre bonheur. Cette évidence ne l’est peut-être pas pour beaucoup de nos contemporains. De fait, il faut le Concile Vatican II, pour qu’il n’y ait plus d’anathème et que la joie soit clairement énoncée au début d’une constitution pastorale, Gaudium et spes. “ Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ. ”
Mais voilà, les mots, ou plutôt la compréhension et la réception des mots, peuvent être piégés.
Il ne s’agit nullement d’un bonheur, d’espoirs, de joies, facilement accessibles.
Les Béatitudes nous le rappellent en citant des exemples de bonheur, à rebours de ce que nous voudrions attendre.
Il semblerait même qu’il y ait une progression, pour arriver à ce qui n’est, a priori, pas un bonheur : la persécution au nom de la foi au Christ.
“ Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. ”

Nous remercions vivement le père Pierre Desrozier, prêtre du diocèse de Toulouse , pour le partage de ce texte.