Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 13-16)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Commentaire:
Conserver les aliments à l’époque romaine pouvait poser des difficultés. Peut-être que la glace ou le froid étaient utilisés en zone de montagne ; l’huile et le vinaigre devaient l’être aussi partiellement. Mais c’est principalement le sel qui était utilisé comme conservateur et exhausteur de goût. C’était aussi un produit taxé, cher et surtout de première nécessité. Le sel, c’était aussi les conditions de production : les condamnés étaient envoyés dans les mines de sel, avec une espérance de vie très relative. Le sel attaque tous les tissus au contact, dans les poussières.
Aujourd’hui, du moins en Occident, le sel est partout en cuisine, trop selon les normes de l’OMS, toujours trop et il est très peu cher. C’est un ennemi sournois pour la santé !
Bien entendu, la finalité du propos du Christ est d’attirer l’attention sur la “fadeur” du sel et donc celle des chrétiens. Le Christ nous demande d’avoir du goût, d’être gouteux pour les autres. Cette idée de donner du sens, de la saveur avait déjà été énoncée, d’une autre manière, par Saint Paul. “Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, parmi ceux qui accueillent le salut comme parmi ceux qui vont à leur perte”. (2 Co 2, 15)